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Construction d’une maison d’arrêt à Magnanville

Le Conseil municipal vote une motion

Dans un communiqué de presse du jeudi 30 septembre dernier, l’État a annoncé, par la voix du Garde des Sceaux, la construction d’un centre pénitentiaire sur la commune de Magnanville.

Cette communication du Ministère de la Justice, brutale, vide d’éléments était, à mon sens, irrespectueuse des Magnanvillois qui sont les premiers concernés par ce projet d’État. Je comprends l’émoi provoqué par cette annonce. J’ai moi-même été ébranlé lorsque j’ai été informé du projet. Par ailleurs, le communiqué laissait entendre que j’avais donné mon aval pour ce projet, ce qui est complètement faux. À aucun moment l’État n’a consulté les parties concernées (élus locaux, population) en amont de sa décision. Que l’on soit clair, informer ce n’est pas concerter !

Au lendemain de l’annonce, j’ai rencontré le Garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti. Je lui ai fait part de mon mécontentement sur cette communication fallacieuse de l’État qui a plongé Magnanville dans la confusion, ayant pour conséquence un déferlement sur les réseaux sociaux et de nombreux commentaires relayés par des appels et mails adressés en mairie. J’ai lu chacun des commentaires, avec des inquiétudes que j’ai trouvées, pour la plupart, légitimes et que je peux partager. A contrario, je ne peux pas tolérer les insultes, les appels à la violence, les prises à partie dont j’ai pu prendre connaissance, pas plus que la dégradation gratuite de mobilier municipal qui a lieu ce weekend à Magnanville.

Concernant le projet en lui-même, j’ai indiqué au ministre que j’étais un républicain, défenseur de l’intérêt général mais que je ne cautionnerai jamais que la défense de l’intérêt général se fasse au détriment des intérêts des habitants de ma commune. Bien sûr, nous avons besoin de services publics, nous avons besoin de prisons car nous devons faire face à l’augmentation de la délinquance et ne pas laisser dans la nature, sous bracelet électronique, des délinquants condamnés ! Mais ne soyons pas démagogiques avec les habitants qui seront les premiers impactés par cette construction. Aussi, j’ai demandé au Ministre de la Justice d’avoir des réponses claires sur des points précis : impact sur la valeur foncière des biens immobiliers, sécurité, mobilité, impact environnemental... Je n’ai pas encore obtenu ces réponses mais je ne lâcherai pas et je serai de ceux qui mettent l’État devant ses responsabilités sur ce projet dont il est le seul décideur. Le gouvernement et sa majorité présidentielle, dont fait partie mon opposition, ont pris une décision. Qu’ils l’assument !

Dans un esprit constructif, j’ai reçu une délégation de Magnanvillois et d’habitants des communes voisines concernées, ainsi que leurs maires, pour discuter ensemble des informations dont je dispose et pour entendre les questionnements. Je tiendrai aussi un Facebook live ce mercredi 6 octobre à 19h30 sur la page Facebook Ville de Magnanville. J’ai conscience que le sujet soulève les passions mais je demande à chacun de faire preuve de civisme, seul garant d’une discussion constructive.

Motion proposée par le groupe majoritaire MAgnanVILLE, une passion commune lors du Conseil municipal du 4 octobre
Aussi, au regard de la communication gouvernementale de ce projet, de toutes les incertitudes afférentes et de la préservation des intérêts des Magnanvillois, le Conseil Municipal de Magnanville n’est pas favorable au projet de construction d’une maison d’arrêt.

Cette motion sera envoyée à Monsieur le Président de la République, à Monsieur le 1er Ministre, à Monsieur le Garde des Sceaux, à Monsieur le Préfet des Yvelines, à Monsieur le Sous-Préfet.

Voté à l’unanimité du Conseil municipal.